Partager l'article ! Le millésime n'est pas important: La vendange 2011 est – enfin – terminée et laisse l’AOC Champagne pleine de questions… Une maturité ...
Commençons par les certitudes : de telles années sont favorables aux travailleurs ! Vignerons, coopératives et négociants soucieux d’une pleine maturité auront pris les risques nécessaires à l’obtention d’une bonne récolte – rappelons au passage que les progrès œnologiques aussi brillants soient-ils n’ont toujours pas réussi à remplacer le raisin !
Loin de moins l’idée de prétendre que les vignerons sont, en théorie, les gagnants du millésime 2011 ; encore une fois l’Homme est capable du pire comme du meilleur ! Certes, le vigneron reste le seul capable d’intervenir sur l’ensemble de la chaîne de production, mais il me semble opportun de rappeler que la Champagne reste de loin, surtout en période de vendange, la région affichant le plus grand nombre de prestations de services viti-viniculturaux… À bon entendeur !
Au risque de me répéter, le choix du producteur compte bien plus que l’année et si ces lignes ne vous convainquent pas permettez-moi d’emprunter quelques mots à Messieurs Hugh Johnson1 et John Radford1 datant de 2007 : « la vérité, c’est que le millésime est beaucoup moins important qu’auparavant… Lorsque nous prenons une bouteille en rayon, nous n’avons pas, la plupart du temps, besoin de nous soucier de l’année … Dans ces années récentes dites « non-prestigieuses », les vins demeurent quand même bien meilleurs qu’auparavant ; au moment précis où les millésimes n’ont jamais aussi peu compté en termes de « buvabilité », ces mêmes millésimes n’ont jamais autant compté en termes de rentabilité ! C’est fou ! »
Prétendre pour autant qu’il n’existe aucune différence de potentiel – et de goût – entre les millésimes serait excessif. On ne sait toujours pas faire de grands vins avec une récolte pourrie – sauf si elle est noble. Et de rajouter que le millésime n’est souvent qu’une photographie floue et générale de l’état des récoltes d’une région… Mais refuser d’acheter un vin pour cause de mauvais temps et être prêt à payer trois fois son prix pour remercier Dame Nature de sa clémence tient vraiment du snobisme !
J’ose espérer que vous pardonnerez la véhémence de mon discours mais je préfère clore le débat pour en ouvrir un autre qui à mon sens mérite que l’on s’y attarde : le réchauffement climatique.
(À l’heure de l’hyper-communication toute information devient suspicieuse, qu’elle soit incitative, dissuasive ou pire, mensonge. J’ai donc opté pour la séparation du pouvoir et de l’église ! Voici les seules lignes de communication que je proposerai sur le sujet (ainsi n’êtes-vous pas condamné à les lire) : sachez que les vignerons de Brittle n’ont pas trouvé l’année si froide que ça, l’un d’entre eux détient même le record de maturité2 ! Le message est passé !)
1 : Hugh Johnson et John Radford sont deux experts mondialement reconnus pour leur expertise et leur vision aiguisée du monde du vin.
2 : La maturité se définie souvent à travers deux valeurs : technique et phénolique. La première consiste à mesurer de manière comparative la quantité de sucres et d’acides dans le raisin. La deuxième consiste à mesurer le degré de maturité des tannins.